Non non, je ne suis pas enceinte de 11 mois!! Après une grossesse difficile, la soirée du 10 novembre a été une soirée de grosses douleurs comme après chaque examen du col donc j'ai décidé de dormir dans le canapé du salon.

Après X pipis nocturnes, je me réveille à 4h30 et par stress de foutre en l' air le canapé, je vérifie ma culotte ...qui est trempée! Oups, je me lève rapido, j'ai rompu la poche des eaux. Je monte prévenir Chéri et le Démon qu'on va devoir filer à la maternité. On arrive là bas vers 6h. Le test du liquide amniotique n' est pas positif donc ils doutent. On me propose de marcher un peu avant de refaire le test. Vers 8h, on remonte voir les sages-femmes. Le test est positif donc ils me gardent. Toute la journée, les monito montrent quelques contractions irrégulières (pas envie d'accoucher le 11, c'est l'anniv de ma belle-mère!!). Je perds de plus en plus de liquide et je sens que chaque mouvement de mon fils devient douloureux. Dans la soirée, la sage-femme de nuit entre et là surprise, c'est celle dont je rêvais pour le jour J : S., une sf rencontrée à l'exploration fonctionnelle qui avait pris le temps de débriefer mon 1er accouchement pour m'expliquer ce qui n'avait pas marché et qui m'avait rassurée comme personne ne l'avait fait avant. Quand elle a vu mon dossier, elle est venue me voir avant sa tournée juste pour me faire un petit coucou. Je dois attendre qu'il soit presque minuit pour qu'on me fasse le dernier monito de la journée. Je suis exténuée. Encore juste quelques contractions. Je peux enfin dormir... Une contraction hyper douloureuse... Une deuxième... Rien n'est régulier mais c'est de plus en plus violent et chaque coup de mon bb devient insupportable. On m'apporte du spasfon et un calmant. Ca ne change rien. 2h du mat, les contractions arrivent d' un coup toutes les 3 minutes et sont d' une violence inouïe. La sf arrive rapidement. Le col est effacé donc on me transfère en salle de naissance. Les contractions arrivent maintenant toutes les minutes, je hurle à chacune d' elles. La sf veut me poser la perf mais la veine pète. L' infirmière anesthésiste essaie l' autre bras et doit s'y reprendre à plusieurs fois pour les mêmes raisons. L'ambiance est au top entre S. et l'infirmière anesthésiste donc on rigole beaucoup . L' anesthésiste arrive. On me positionne en tailleur, ce qui rend les contractions ingérables. Le 1er essai de piqure est loupé, il doit recommencer. Gérer pareilles contractions en même temps que la pose de la péri est un vrai challenge vu que je ne peux plus bouger. Il me fait mal, je sens ce qui se passe dans mon dos et j'ai hâte que tout s'arrête. Je peux enfin m' allonger. Je ne sens plus les contractions, juste une douleur au col, là où bb appuie. Il est 5h. Mon col s'ouvre de 1cm par heure. Je dors entre chaque visite de la sf. Bb appuie de plus en plus fort et c'est moi qui gère la péri grâce à la pompe. Il fait tout le travail et il pousse avec une force incroyable. S. vient me dire aurevoir à 8h et je lui confie ma peur, elle me rassure et ça me fait du bien. Mon col passe de 6 à 8 et mon fils pousse de plus en plus fort... 9... 10. Je sens sa tête qui veut sortir. J'appelle la sf qui confirme et qui me dit qu'on va le laisser tranquillement descendre seul pour le moment. Au fil des contractions, je le sens descendre millimètre par mm puis remonter doucement. C'est impressionnant et magique. Avec la péri, je ne ressens pas tout... La sf arrive et je lui dis qu'il est bien descendu, que j'ai senti passer son visage et qu'il a bougé. Elle regarde: En effet, il est là, pas le temps de s'habiller, elle attrape sa tête et me demande de pousser pour les épaules. Je pousse une seule fois et il est sur moi. Chéri a fait quelques allers-retours près de moi dès qu'une sf pouvait rester auprès de notre fille mais le nombre important d'accouchements ce jour là a fait qu'il n'a pas pu venir sur la fin, qu'il n'a pas assisté à la naissance de son fils et qu'il n'a appris sa naissance que 2h plus tard, quand j'ai pu récupérer mon téléphone.

Mon fils m'a réconcilié avec l'accouchement et avec mon corps, il est magnifique, j'en suis folle et je suis fière de lui. Ca restera à jamais gravé dans ma mémoire. Même moi, la traumatisée de l'accouchement, j'ai aimé accoucher...